Alan : notre avis complet après 5 ans d’utilisation de la mutuelle en ligne

Montrer les sections Cacher les sections

Changer de complémentaire santé engage le budget d’un foyer pour des années, et les acteurs nés sur smartphone ont profondément bousculé les habitudes du secteur. Alan est une mutuelle 100 % en ligne lancée en 2016, qui concentre toute la relation avec l’assuré dans une application : souscription, remboursements, carte de tiers payant, conseil médical et même commande de lunettes. Aucune agence, aucun centre d’appels, un simple chat pour toute question.

Nous avons souscrit en 2021, et nous gérons depuis la couverture santé de toute la famille avec cette application. Cinq années d’utilisation quotidienne, de remboursements, de hausses tarifaires et d’échanges avec le support nous donnent un recul rare sur la réalité du service, loin des promesses d’une page d’accueil. La simplicité vantée par la licorne française résiste-t-elle à l’épreuve du temps ?

Alan, première néo-assurance santé agréée depuis 1986

Fondée par Jean-Charles Samuelian-Werve et Charles Gorintin, l’entreprise a obtenu son agrément de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution en octobre 2016, devenant le premier assureur indépendant créé en France depuis 1986. Le pari initial consistait à reconstruire une assurance santé entièrement numérique, sans paperasse ni délais interminables, en s’appuyant sur la technologie plutôt que sur un réseau d’agences.

Dix ans plus tard, le modèle a fait ses preuves sur le plan économique. Selon Maddyness, Alan a annoncé en mars 2026 une levée de 100 millions d’euros menée par Index Ventures, qui porte sa valorisation au-delà de 5 milliards d’euros et s’accompagne d’une rentabilité atteinte sur le marché français. L’assureur revendique plus d’un million de membres et 785 millions d’euros de revenus récurrents annuels, contre 505 millions un an plus tôt, soit une croissance de 53 %. La France, la Belgique, l’Espagne et désormais le Canada composent son terrain de jeu.

2025 démontre, dix ans après notre création, la robustesse de notre modèle.

Jean-Charles Samuelian-Werve, cofondateur et directeur général d’Alan, lors de l’annonce de la levée de fonds, mars 2026

Ces chiffres dessinent une entreprise solide, ce qui compte quand on lui confie sa santé pour des années. Reste que la promesse se juge à l’usage, et notre expérience commence justement par une étape que nous n’oublierons pas : la transition depuis notre ancienne mutuelle.

Souscription, résiliation et transition : un parcours à surveiller

Une souscription expédiée en quelques minutes

L’inscription se fait intégralement en ligne, et la couverture démarre sans aucun délai de carence, une rareté encore aujourd’hui sur le marché. La télétransmission avec l’Assurance maladie s’active dès la souscription, et Alan propose de gérer lui-même la résiliation de votre ancien contrat, comme l’autorise la résiliation infra-annuelle en vigueur depuis décembre 2020.

Notre mésaventure lors du changement de mutuelle

Cette délégation a pourtant été notre principal point noir. Alan a piloté la transition depuis notre ancien organisme, mais le contrat précédent n’a jamais été correctement fermé, et nous avons découvert des doubles cotisations qui nous ont coûté cher avant de réussir à régulariser la situation. Si vous confiez cette démarche à Alan, ne la considérez jamais comme acquise.

Quelques vérifications simples permettent d’éviter la facture que nous avons payée :

  • exigez une confirmation écrite de résiliation de la part de votre ancien organisme ;
  • surveillez vos prélèvements bancaires pendant les trois mois qui suivent la bascule ;
  • conservez le mandat de résiliation signé depuis l’application ;
  • contrôlez sur votre compte Ameli qu’une seule complémentaire reçoit la télétransmission.

Un changement de complémentaire se prépare aussi en amont, et nous vous renvoyons vers le bon timing pour changer de mutuelle afin de choisir la date la moins risquée. Une fois cette étape franchie, la question qui fâche reste celle du prix payé chaque mois pour la famille.

Des tarifs compétitifs rattrapés par les hausses annuelles

À la souscription, les prix nous avaient agréablement surpris pour le niveau de garanties. La réalité de long terme est moins flatteuse : notre cotisation familiale est passée de 227 € par mois en 2022 à 297 € depuis janvier 2026, soit 31 % de hausse en quatre ans pour une couverture strictement identique. Le positionnement reste compétitif face aux acteurs comparables, et l’offre individuelle s’articule autour de trois formules dont voici les tarifs indicatifs relevés pour un indépendant de 40 ans :

FormulePositionnementTarif indicatif mensuel
RubisEntrée de gamme, soins essentielsenviron 49 €
ÉmeraudeÉquilibre entre garanties et budgetenviron 64 €
SaphirHaut de gamme, dépassements d’honoraires renforcésenviron 91 €

D’après les comparateurs spécialisés comme Selectra, la fourchette s’étend de 38 à 131 € par mois selon l’âge et le profil, ce qui place Alan dans la moyenne basse des acteurs comparables. Les indépendants profitent en prime de la déduction fiscale Madelin, qui autorise en 2026 jusqu’à 5 239 € de cotisations déduites du revenu imposable.

Notre hausse de 31 % s’inscrit dans la hausse générale des cotisations qui touche tout le secteur, amplifiée par les effets de la loi de financement 2026 ; Alan n’y échappe pas, sans faire mieux que le marché. Ce constat tarifaire pèserait davantage si l’expérience d’usage ne venait pas largement compenser au quotidien.

Une application qui met la concurrence à distance

Le cœur du réacteur reste l’application mobile, notée 4,8 sur 5 sur l’App Store, et nous comprenons pourquoi : l’expérience utilisateur est parmi les mieux pensées que nous ayons manipulées, toutes catégories confondues. Le suivi des dossiers est limpide, et les validations ou refus de remboursement tombent vite, souvent dans la journée.

La carte de mutuelle et le scan en pharmacie

Dès l’ouverture de l’application, la carte de tiers payant s’affiche sans le moindre clic supplémentaire. Une fonctionnalité que nous utilisons régulièrement permet en plus un envoi instantané de la carte par e-mail via un simple scan au comptoir de la pharmacie, ce qui évite les photocopies et les cartes périmées au fond du portefeuille.

Le suivi des plafonds par poste de soins

L’application affiche en permanence les crédits de remboursement restants par type de prestation, médecines douces et alternatives ou dentaire par exemple, ce qui rend le pilotage de son budget santé réellement transparent en cours d’année. Alan annonce par ailleurs que 75 % des remboursements sont versés en moins d’une heure, un chiffre cohérent avec ce que nous observons.

Une gestion familiale centralisée

Avec toute la famille rattachée au même contrat, la vision globale des dossiers, des cartes et des plafonds de chacun fait gagner un temps précieux chaque mois. Cette logique de regroupement rejoint nos conseils pour bien couvrir l’ensemble de la famille sans multiplier les interlocuteurs.

Commander ses lunettes sans quitter l’application

Plus de 100 modèles de montures se commandent directement depuis l’application, en complément d’un réseau de plus de 2 000 opticiens partenaires. Nous n’avons pas encore franchi le pas de la commande, mais l’essai virtuel des montures est ludique et les coûts affichés sont réellement maîtrisés, pour une qualité de monture donnée comme équivalente à celle d’un opticien classique. Ces services visibles n’épuisent pourtant pas ce qu’Alan apporte de plus singulier.

Chat médical et prises en charge exceptionnelles : les vrais atouts

Le service qui nous a le plus convaincus reste le chat médical, ouvert de 7 h à 23 h, où un assistant baptisé Mo prépare les réponses avant qu’elles soient vérifiées par l’équipe médicale en moins de 15 minutes, d’après les chiffres communiqués par Alan. Quelle que soit votre problématique, vous obtenez un véritable avis médical en quelques heures.

Face à la tentation de consulter un assistant généraliste comme ChatGPT pour interpréter un symptôme, cette alternative change la donne : la réponse engage de vrais professionnels de santé identifiés, pas un modèle statistique sans responsabilité. Le dispositif rassure, et il nous a plusieurs fois évité une visite inutile chez le médecin généraliste.

Autre découverte appréciable, la possibilité de demander un soutien financier supplémentaire pour des traitements qui ne sont pas encore remboursés. Il faut argumenter et insister un peu, mais la demande finit par aboutir quand elle se justifie : nous avons obtenu une prise en charge de 50 % pendant un an, le maximum accordé dans notre cas. Tous les choix d’Alan ne nous semblent pourtant pas aussi pertinents.

Berries, boutique et défis : la gamification en question

Depuis la refonte de l’application, Alan multiplie les mécaniques de jeu : des points baptisés « berries » récompensent les pas comptés par Alan Walk, alimentent un avatar personnalisable et se dépensent dans une boutique de produits santé et bien-être. Le lancement d’Alan Play en mai 2026 a encore accentué cette orientation, avec des défis, des niveaux et des compétitions entre collègues.

Cette surcouche nous semble inutile, et ce n’est pas, de notre point de vue, le rôle d’une mutuelle : nous attendons d’elle des remboursements fiables plutôt qu’un jeu vidéo. Les amateurs de bons plans et d’offres spéciales y trouveront en revanche un intérêt réel, avec des remises régulières sur des produits de santé et de bien-être ainsi que des dons possibles à des associations.

Chacun placera le curseur où il le souhaite, l’essentiel restant que cette gamification demeure facultative et ne dégrade en rien les fonctions de base. Ce panorama complet nous amène naturellement au bilan de ces cinq années.

Le choix naturel des indépendants et des profils autonomes

Au terme de cinq ans d’utilisation, nous attribuons à Alan une note solide de 4 sur 5 et nous la recommandons aux travailleurs indépendants, aux freelances et à tous les profils libres de choisir eux-mêmes leur complémentaire. L’esprit start-up de cette licorne française, dans la pure tradition du genre, se ressent dans l’agilité du service client comme dans les mises à jour très régulières de l’application.

L’équation à surveiller dans les prochaines années tient en une ligne : la qualité de service justifiera-t-elle encore des cotisations qui grimpent de près de 7 % par an en moyenne dans notre cas ? D’après Acuité, l’entreprise vise désormais le milliard d’euros de revenus, une ambition qui se financera soit par de nouveaux membres, soit par les cotisations des fidèles. La réponse apportée à cet arbitrage dira si la néo-assurance tient sa promesse initiale, celle d’un modèle où la technologie réduit les coûts au lieu de simplement moderniser la facture.

Donnez votre avis

Soyez le 1er à noter cet article

Vous aimez cet article ? Partagez !