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- Un droit né de la loi de financement de la Sécurité sociale
- Qui peut bénéficier de ce nouveau congé ?
- Un ou deux mois à caler dans les neuf mois suivant la naissance
- Une indemnisation dégressive plafonnée par la Sécurité sociale
- Les démarches à anticiper auprès de votre employeur
- Les aides qui ne se cumulent pas avec ce congé
- Un pari sur la natalité et l’égalité parentale
Depuis le 1er juillet 2026, chaque parent d’un jeune enfant peut prolonger sa présence à la maison grâce au congé supplémentaire de naissance. Ce dispositif permet de prendre un ou deux mois de congé indemnisés par la Sécurité sociale, une fois épuisés les congés de maternité, de paternité et d’accueil de l’enfant ou d’adoption. Il ne remplace aucun droit existant, il vient s’y ajouter.
Créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, ce nouveau congé concerne aussi bien les salariés que les agents publics et les indépendants, pour les enfants nés ou adoptés depuis le 1er janvier 2026. Sur le papier, la promesse est séduisante : plus de temps auprès du bébé sans sacrifier tout son salaire. Que prévoit exactement le texte, combien touche-t-on pendant cette pause, et quelles démarches faut-il anticiper pour en profiter ?
Un droit né de la loi de financement de la Sécurité sociale
L’idée d’un congé de naissance ne date pas d’hier. Le président de la République l’avait annoncée dès janvier 2024, en promettant de corriger les faiblesses du congé parental classique, jugé trop long et trop mal indemnisé. Le chef de l’État défendait alors un congé mieux rémunéré et ouvert aux deux parents, pensé aussi pour enrayer la baisse des naissances.
Ce nouveau congé de naissance sera mieux rémunéré et permettra aux deux parents d’être auprès de leur enfant pendant six mois s’ils le souhaitent.
Emmanuel Macron, conférence de presse à l’Élysée, 16 janvier 2024
La version finalement votée est plus modeste que les six mois annoncés, mais elle est bien opérationnelle depuis le 1er juillet 2026. Le même texte budgétaire, qui encadre par ailleurs les cotisations des complémentaires santé, fait de ce congé l’une des principales mesures familiales de l’année. Reste à savoir qui peut réellement y prétendre.
Qui peut bénéficier de ce nouveau congé ?
Le congé supplémentaire de naissance est un droit individuel, que chaque parent exerce pour lui-même sans pouvoir le transférer à l’autre. D’après info.gouv.fr, il est ouvert à tous les parents en activité remplissant les conditions exigées pour les congés de maternité et de paternité, soit trois grandes catégories :
- les salariés du secteur privé, quel que soit leur contrat ;
- les agents publics de l’État, des collectivités et de l’hôpital ;
- les travailleurs indépendants, artisans, commerçants et professions libérales.
Sont concernés les enfants nés ou adoptés à partir du 1er janvier 2026, ainsi que les naissances survenues avant cette date lorsqu’elles étaient initialement prévues en 2026. Chaque parent dispose de son propre compteur, ce qui autorise des organisations familiales variées, encore faut-il respecter le calendrier.
Un ou deux mois à caler dans les neuf mois suivant la naissance
Chaque parent choisit librement la durée de son congé : un mois ou deux mois, à prendre en une seule fois ou fractionnés en deux périodes d’un mois chacune. Les deux parents peuvent s’arrêter en même temps pour vivre ensemble les premières semaines de l’enfant, ou se relayer afin d’étirer la présence parentale à la maison.
Le calendrier impose une contrainte forte : le congé doit débuter dans les neuf mois qui suivent la naissance ou l’arrivée de l’enfant au foyer, et seulement après l’épuisement des congés de maternité ou de paternité. Pour mémoire, le congé maternité dure seize semaines pour un premier enfant, et le congé paternité vingt-cinq jours calendaires, portés à trente-deux en cas de naissances multiples.
Une règle transitoire protège les familles du premier semestre : pour les enfants nés ou adoptés entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, le délai de neuf mois court à partir du 1er juillet 2026 et non de la naissance. Ces parents conservent donc l’intégralité de la fenêtre pour s’organiser, notamment sur le plan financier.
Une indemnisation dégressive plafonnée par la Sécurité sociale
L’indemnisation prend la forme d’indemnités journalières versées par l’Assurance maladie, selon un barème dégressif : 70 % du salaire le premier mois, puis 60 % le second. Le salaire de référence, calculé sur les trois derniers mois précédant l’interruption d’activité, est retenu dans la limite du plafond de la Sécurité sociale, fixé à 4 005 € par mois au 1er janvier 2026.
Concrètement, un salarié bien rémunéré percevra au maximum près de 2 800 € le premier mois, puis environ 2 400 € le second. Les travailleurs indépendants reçoivent quant à eux une indemnité journalière forfaitaire, soumise à la même dégressivité de 70 % puis 60 %.
Ce niveau d’indemnisation change la donne par rapport à la PreParE, la prestation forfaitaire versée par la Caf pendant le congé parental, qui plafonne autour de 450 € par mois à taux plein. Pour beaucoup de foyers, la perte de revenus devient nettement plus supportable, à condition de bien préparer sa demande.
Les démarches à anticiper auprès de votre employeur
La demande n’exige aucun formulaire complexe, mais elle obéit à un préavis strict : vous devez informer votre employeur au moins un mois avant la date de départ souhaitée. Ce délai tombe à quinze jours lorsque le congé s’enchaîne directement après un congé de paternité ou d’adoption.
Le courrier précise la durée retenue, un ou deux mois, ainsi que le fractionnement envisagé. Il se transmet par lettre recommandée avec accusé de réception ou par remise en main propre contre récépissé. Un dernier point mérite votre attention avant de poser vos dates : les règles de cumul avec les autres aides.
Les aides qui ne se cumulent pas avec ce congé
Le versement des indemnités journalières de naissance est exclusif de plusieurs autres prestations. Selon le site officiel de l’administration, quatre dispositifs sont incompatibles avec le congé sur la même période :
- les indemnités journalières de maladie ou d’accident du travail ;
- les allocations chômage ;
- la prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE) ;
- le complément de libre choix du mode de garde (CMG) pour l’enfant concerné.
Les parents qui envisagent de quitter leur poste devront ainsi vérifier l’articulation avec les allocations perçues après une rupture conventionnelle, tandis que les familles déjà engagées dans un congé parental devront choisir leur dispositif. Un simple chevauchement de dates peut suspendre le versement, mieux vaut donc verrouiller son planning avant d’envoyer sa demande.
Un pari sur la natalité et l’égalité parentale
La France a enregistré environ 663 000 naissances en 2024, son plus bas niveau depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale selon l’Insee, et le gouvernement assume de vouloir redonner aux parents le temps et les moyens d’accueillir un enfant. Le succès du dispositif se jouera aussi du côté des pères : d’après la Drees, environ sept pères éligibles sur dix prennent aujourd’hui leur congé de paternité, une proportion qui recule nettement chez les indépendants et les salariés en contrat court.
L’arrivée d’un enfant reste un moment charnière pour le budget d’un ménage, entre le mode de garde, la baisse temporaire de revenus et la couverture santé de toute la famille. La montée en charge du congé supplémentaire de naissance dira, dans les prochains mois, si un ou deux mois mieux indemnisés suffisent à rééquilibrer la répartition des tâches parentales et à peser, même à la marge, sur les berceaux.

